Chaque 11 octobre, le monde célèbre la Journée internationale des filles, une date instituée par les Nations Unies pour mettre en lumière les défis spécifiques auxquels les filles sont confrontées et valoriser leur rôle dans le développement des sociétés. En Côte d’Ivoire, cet événement a été précédé par la conférence internationale Voix des filles, organisée à Abidjan par l’ONG Pro Kids en partenariat avec l’UNICEF
En prélude à la Journée internationale des filles du 11 octobre, l’UNICEF et l’ONG Pro Kids ont organisé à Abidjan une conférence internationale dédiée à la gouvernance, à la participation politique et à l’inclusion des jeunes filles.
La rencontre a réuni des jeunes filles, des acteurs institutionnels et de la société civile. Elle s’est tenue dans un contexte marqué par les prochaines échéances électorales, offrant une tribune aux filles pour exprimer leurs préoccupations et leurs aspirations citoyennes.
Gouvernance et participation politique des filles : un état des lieux.
Le premier axe de la conférence a porté sur la gouvernance et la participation politique des jeunes filles. Ce panel a rassemblé des adolescentes, des jeunes femmes, Gbessi Jocelyn, chargée d’études au Conseil National des droits de l’homme (CNDH), et De Laure Nesmon, journaliste et militante féministe.
Les échanges ont permis de dresser un état des lieux sur la place des filles dans la vie publique. Plusieurs obstacles ont été relevés, ce sont entre autres le poids des stéréotypes de genre, qui découragent les filles de s’intéresser à la politique ; le manque d’espaces de formations et de mentorat adaptés, la faible visibilité des modèles féminins dans la gouvernance.
Les participantes ont insisté sur la nécessité de renforcer la confiance des filles et de leur offrir des opportunités concrètes pour s’engager dans les instances de décision. Pour elles, la participation politique n’est pas seulement un droit, mais aussi une condition essentielle pour bâtir une gouvernance inclusive et représentative.
La voix des filles en situation de handicap : un moment fort.
Le deuxième axe de la conférence a constitué un moment particulièrement marquant. Autour de Jean François Basse, représentant résident de l’UNICEF en Côte d’Ivoire, plusieurs jeunes filles en situation de handicap ont pris la parole.
Étudiantes, élèves, couturières ou pâtissières, elles ont partagé leurs réalités quotidiennes : les difficultés d’accès à l’éducation, les barrières de communication, la marginalisation dans les activités sociales. Accompagnées d’un interprète, elles ont exprimé avec force leurs besoins et leurs rêves.
Ces interventions ont levé le voile sur une réalité souvent ignorée : la double vulnérabilité à laquelle font face les filles en situation de handicap, confrontées à la fois aux inégalités de genre et aux obstacles liés au handicap.

Des plaidoyers pour l’éducation et la citoyenneté.
À travers leurs témoignages, ces jeunes filles ont lancé un plaidoyer adressé à l’État et à l’ensemble de la société. Elles demandent des politiques inclusives garantissant leur droit à l’éducation, des mesures favorisant leur participation citoyenne, ainsi qu’une meilleure prise en compte de leurs besoins spécifiques.Leurs messages, pleins d’émotion mais aussi de détermination, rappellent que leur intégration n’est pas une option mais une nécessité. Car au-delà des difficultés, elles portent des ambitions claires : réussir leurs études, développer des projets professionnels, contribuer activement à la vie du pays.
Enjeux pour la Côte d’Ivoire.

Les discussions de la conférence Voix des filles soulignent un enjeu majeur pour la Côte d’Ivoire : inclure pleinement les filles dans la gouvernance et le développement. À l’heure où le pays s’apprête à vivre une période électorale, la place des jeunes filles dans le débat public devient cruciale.
Garantir leurs droits, leur éducation et leur participation citoyenne revient à investir dans une société plus équitable. Les plaidoyers entendus lors de la rencontre rappellent que les filles ne veulent pas seulement être protégées, elles veulent être actrices du changement.
La conférence Voix des filles a été bien plus qu’un simple rendez-vous préparatoire à la Journée internationale des filles. Elle a constitué un espace d’expression, où les jeunes filles ont pu formuler leurs attentes, partager leurs difficultés et affirmer leur volonté de prendre part aux décisions qui concernent leur avenir dans une société inclusive et juste.
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Ami Korobara