À Abidjan, la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) a organisé un atelier consacré à l’employabilité des femmes dans le secteur du transport et de la logistique. Une rencontre qui s’appuie sur l’expérience du Bus Rapid Transit (BRT) au Sénégal, où la part des femmes employées a dépassé les prévisions initiales.

Le secteur du transport reste largement dominé par les hommes. Selon Assita Ouédraogo, coordonnatrice régionale des femmes ITF Afrique, l’objectif est de « briser les stéréotypes » et de créer des conditions favorables à la carrière des femmes. « Elles ont des compétences qui ne sont pas toujours reconnues. Il faut trouver des solutions pour que, lorsqu’elles entrent dans le secteur, elles puissent y rester et évoluer », explique-t-elle.
L’exemple du BRT de Dakar a constitué l’un des points centraux de l’atelier. Initialement prévu pour employer 30 % de femmes, le projet sénégalais en compte aujourd’hui 46 %. Pour Fatimata Cissé, présidente du comité des femmes ITF Côte d’Ivoire, il s’agit d’une référence : « En Côte d’Ivoire, le BRT est en phase de concrétisation. Nous voulons implémenter les recommandations issues de Dakar et obtenir au minimum 30 % d’emplois réservés aux femmes, voire plus. »

L’ITF, qui regroupe 740 syndicats de 150 pays, voit dans les nouveaux modes de transport collectif, tramway, métro et BRT une opportunité pour accroître la présence féminine dans le secteur. « Le Sénégal a atteint 46 % de recrutement féminin, et nous espérons que la Côte d’Ivoire fera encore mieux », souligne le secrétaire adjoint de l’organisation Bayla Sow.
Pour l’Autorité de la Mobilité Urbaine du Grand Abidjan (AMUGA), la progression reste freinée par des obstacles persistants : préjugés sociaux, conditions de travail peu adaptées et insécurité pour les femmes qui exercent à des horaires parfois tardifs. Malgré ces contraintes, elles sont déjà présentes dans plusieurs métiers, de la conduite à la logistique, en passant par l’ingénierie et la maintenance.
Les participantes à l’atelier appellent à plus de formation, de sensibilisation et de protection sociale pour encourager l’entrée et le maintien des femmes dans le transport public.
Reste à voir si, à l’image du Sénégal, la Côte d’Ivoire parviendra à transformer ses ambitions en emplois réels pour les femmes.
Pour l’ITF, l’avenir du transport urbain passera aussi par la reconnaissance des femmes qui y travaillent déjà et par l’ouverture de nouvelles opportunités.
Ami Korobara