Après un triomphe à Dakar, le film ‘Une si longue lettre’, inspiré du roman culte de Mariama Bâ, est à l’affiche en Côte d’Ivoire depuis le 15 août. À Abidjan, le Cinéma Pathé de Marcory affichait complet pour cette projection attendue. Entre émotion et réflexion, les spectateurs interrogés apprécient l’adaptation cinéma du livre qui met l’accent sur la condition des femmes, encore d’actualité. Avec des acteurs de renom comme Amélie Mbaye, Serge Abessolo, respectivement dans les rôles de Ramatoulye Fall et Modou Fall, focus sur l’adaptation cinéma d’une ‘Si longue lettre’.
Alors que la grande première se déroulait au cinéma Majestic Sofitel Ivoire en présence de la réalisatrice Angèle Diabang et des acteurs, le cinéma Pathé de Marcory a aussi fait salle comble pour ses deux projections le même soir. Dans le public, on remarque des cinéphiles de tout âge, jeunes, moins jeunes et personnes du troisième âge. Les scènes les plus marquants font réagir le public présent, on entend des onomatopées, des rires lorsqu’ apparaissent des scènes rigolotes et de la compassion chez certains quand viennent des scènes de tristesse.
Publié en 1979, Une si longue lettre est une référence de la littérature africaine. Dans le film, l’actrice Amélie Mbaye incarne Ramatoulaye, femme de caractère confrontée à l’abandon de son mari Modou, parti vivre avec une seconde épouse après plus de vingt ans de mariage. L’adaptation met en lumière les dilemmes d’une femme qui refuse de soumettre aux règles sociétales et religieuses d’une société patriarcale.
Yhan Djembo,31 ans, consultant, partage son ressenti :« J’ai été particulièrement touché par cette illustration des réalités des femmes. La scène de l’absence de Modou m’a marqué : on ne peut pas rester aussi longtemps loin de sa famille. Ce genre de film peut contribuer à changer les mentalités, surtout s’il est diffusé largement et auprès des enfants. »
Kadidja Diabi, 22 ans, étudiante, avait déjà lu le roman. Elle salue la fidélité de l’adaptation :« Je craignais que ce soit difficile à adapter, mais j’ai été très satisfaite. On ressent l’essence du livre. C’est une œuvre intemporelle, toujours d’actualité. »Daou Diouf Aissata, spectatrice septuagénaire, confie quant à elle s’être retrouvée dans l’histoire :« La scène qui m’a le plus touchée, c’est l’annonce du mariage de la deuxième femme. Ramatoulaye est restée digne, et chaque femme peut se reconnaître dans cette situation. Les problématiques évoquées par Mariama Bâ restent plus que jamais d’actualité. »
Près d’un demi-siècle après sa parution, Une si longue lettre continue d’interroger la place des femmes dans les sociétés africaines. À travers cette adaptation cinématographique, la réalisatrice Angèle Diabang remet au goût du jour le message de Mariama Bâ : un appel à la dignité, à la liberté de choix et à l’émancipation.